Des conseils pour optimiser vos revenus en portage salarial

30 December 2020

Le portage salarial est actuellement l’un des statuts professionnels les plus prisés par les travailleurs indépendants. Et pour cause, il promet un accompagnement de tous les instants de la part d’une société de portage, de même que le bénéfice de l’ensemble de la sécurité sociale. Les auto-entrepreneurs évoluant sous d’autres statuts n’ont pas cette aubaine. Pourtant, certains professionnels sont plus réticents à devenir salariés portés pour une seule raison : au final, il reste à peu près la moitié de ses honoraires comme salaire net. D’un côté, il s’agit de la juste contrepartie des avantages offerts par le portage salarial. Mais d’un autre côté, il existe, quand même, quelques possibilités d’augmenter ses revenus. Explications.

Première piste : la déduction des frais professionnels

Paradoxalement, l’optimisation des revenus est l’un des avantages les plus importants proposés par le portage salarial. En effet, il s’agit d’une opération difficilement réalisable sous d’autres statuts, sous peine de friser le délit fiscal. La déduction des frais est le premier moyen de réaliser l’optimisation, car il faut savoir qu’en matière de portage, il existe des frais déductibles et non-déductibles. Les premiers correspondent à des dépenses facturables ou non-facturables au client. Il peut s’agir des frais de transport, de restauration, de connexion internet, de sous-traitance, etc. Dans tous les cas, ces frais sont totalement déductibles du compte d’activité du salarié porté, constitué de son chiffre d’affaires. Par conséquent, ils ne sont ni soumis aux charges sociales, ni aux impôts sur le revenu. Au final, cette opération pourra faire augmenter le revenu net du salarié porté.

La déduction des frais est réalisée de concert avec la société de portage salarial. En ce qui concerne les frais de mission, ils sont directement facturables au client. Pour négocier leur remboursement, la présentation de justificatifs réels est obligatoire. Par ailleurs, les frais non-facturables au client sont ceux relatifs au fonctionnement. Y sont inclus : les frais téléphoniques et la connexion internet, entre autres. En fonction du contrat signé entre le salarié porté et son entreprise de portage, ils peuvent être pris en charge par celle-ci et considérés comme frais professionnels. Avec ces dispositifs de reconversion de dépenses en frais professionnels, le compte d’activités ne sera pas uniquement constitué de la rémunération largement soumise aux cotisations sociales et impôts sur le revenu.

Dans tous les cas, avant de rejoindre une société de portage salarial, il est important de s’informer sur sa politique de gestion des frais de fonctionnement. Certaines peuvent même proposer de reverser la TVA sur les frais professionnels sur les revenus du salarié porté.

L’imputation des immobilisations sur les comptes d’activités pour récupérer la TVA

L’imputation des immobilisations sur le compte d’activités est l’un des avantages financiers du statut de salarié porté. Pour rappel, les immobilisations peuvent correspondre aux matériels nécessaires à la réalisation des activités professionnelles. Il s’agit de biens dont la valeur dépasse les 500 euros d’un point de vue fiscal. Pour les auto-entrepreneurs sous les statuts professionnels SASU ou EURL, le financement des immobilisations provient principalement de leurs activités professionnelles. Le salarié porté, lui, peut avoir la possibilité de récupérer la TVA par le truchement de sa société de portage d’appartenance. Par quelle manière ? Il peut tout simplement facturer son investissement sur ses immobilisations sur le compte de cette dernière. Celles-ci seront alors imputées sur son compte d’activités par l’entreprise de portage. Cette opération est généralement conditionnée par le paiement de frais de traitement. Mais cela n’est pas obligatoirement pratiqué par toutes les sociétés de portage. Le fonctionnement de cette solution d’optimisation de revenus est le plus simple du monde. Le salarié porté finance ses immobilisations sur les résultats de son chiffre d’affaires. Au lieu d’être déduites comme charges, elles seront amorties annuellement en fonction de leurs coûts respectifs. Un ordinateur peut, par exemple, s’amortir en 3 ans environ, un téléphone portable un peu moins. Toujours est-il qu’à la fin de la période d’amortissement, la société de portage salariale, au nom de laquelle les immobilisations ont été facturées, va rembourser au salarié porté la valeur de la TVA appliquée sur chacun des biens considérés comme étant des immobilisations.

La société de portage salarial peut proposer des solutions d’optimisation de revenus

La société de portage salarial est la première qui détient la majeure partie des solutions d’optimisation de revenus au profit du porté. Son rôle de prise en charge de la gestion administrative de la carrière du salarié porté en est déjà une. La principale raison en est que cela dégage du temps au consultant pour lui permettre de se focaliser sur son métier, et pourquoi pas, travailler un peu plus. La possibilité de cumuler plusieurs missions à la fois est impensable pour la grande majorité des auto-entrepreneurs. Apparemment, grâce à la société de portage, le salarié porté ne souffre pas de ce problème. Toutefois, bénéficier d’une large assistance de la part de l’entreprise de portage n’est pas réservé à tous les salariés portés. La raison en est que certaines peuvent limiter leurs services d’accompagnement en échange de frais de gestion moins élevés. Pour le choix d’une société de portage salarial, il est nettement plus important de mettre en avant le nombre de services destinés à l’accompagnement qu’elle propose. D’une manière générale, celles qui sont moins chères ne sont pas principalement les meilleures.

Certaines entreprises de portage peuvent aussi mettre à disposition de leurs salariés portés des dispositifs d’épargne salariale. Principalement, il s’agit des PEE et PERCO. Ils s’adressent surtout aux salariés portés qui disposent d’une réelle capacité d’épargne. Mais en quoi l’épargne salariale est-elle intéressante vis-à-vis de l’optimisation de revenus ? Pour rappel, ces dispositifs sont mis en place dans le cadre de l’accord d’entreprise. Ainsi, les versements sont généralement abondés par l’entreprise de portage jusqu’à 300 %. Toutefois, lesdits abondements sont directement prélevés sur le compte d’activités du salarié porté. La partie épargnée sera optimisée à double titre. Tout d’abord, elle est moins assujettie aux taxes par rapport à la partie « rémunération ». Cette dernière est, effectivement, soumise à 46 % de cotisations patronales et de 22 % de cotisations salariales. Par contre, les montants abondés ne seront imposés que d’un forfait social de 20 % et d’une CSG/CRDS de 9,7 %. Mais surtout, l’épargne versée au PEE ou au PERCO n’est pas soumise à l’impôt sur le revenu.

Dans tous les cas, il est important de demander à la société de portage quels dispositifs d’optimisation de revenus elle peut proposer. C’est un des critères de choix de ce type d’entreprise. Certaines proposent, par exemple, l’achat de chèques CESU préfinancés. Ce sont des dispositifs d’aide financière concédés par la société de portage pour permettre à ses portés de faire appel à des prestataires de services à la personne. Il peut s’agir, entre autres, d’une assistante maternelle, de service de garde d’enfant, etc. Les rémunérations affectées à ces personnes ne sont pas soumises aux cotisations sociales jusqu’à un plafond de 1 830 euros. Le montant affecté au chèque CESU préfinancé est amputé directement sur le compte d’activités du salarié porté.

 

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