Comment calculer ses revenus en portage salarial ?

28 December 2020

Le portage salarial est un statut professionnel au même titre que le salariat et l’auto-entrepreneuriat. Il s’agit d’un mélange ingénieux entre ces deux derniers en ne retenant, en général, que les meilleurs aspects. Le portage salarial met en relation trois acteurs majeurs : le salarié porté, la société de portage comme DreamTeam et l’entreprise cliente. Son principal avantage concerne surtout sa capacité à préserver les avantages sociaux du travailleur, d’offrir la même liberté de négocier au salarié porté, en plus d’être un statut très flexible. Néanmoins, le calcul des revenus issus des différentes missions réalisées par le salarié porté diffère quelque peu des deux autres statuts. Explications.

Portage salarial, un principe différent de rémunération

En portage salarial, si l’on parle d’un mélange entre le salariat et le travail indépendant, c’est que ce statut professionnel se situe, effectivement, entre les deux. Tout d’abord, le salarié dit « porté » bénéficie encore de sa totale indépendance professionnelle. Par conséquent, il réalise lui-même ses travaux de prospection de clients et négocie ses futurs émoluments. En revanche, le salarié porté est lié par un contrat de travail avec la société de portage salarial, malgré le fait qu’il soit autonome. Cette dernière prend surtout un rôle d’accompagnement. Ainsi, c’est à l’entreprise de portage que revient la tâche de réaliser la gestion administrative de chaque mission réalisée par le salarié porté. C’est également elle qui s’occupe des recouvrements de toutes les indemnités de mission ainsi que du paiement des différentes charges professionnelles comme les assurances, les impôts et cotisations, etc.

Son client n’est, donc, pas l’employeur vis-à-vis du salarié porté. C’est la société de portage salarial qui tient ce rôle. Par conséquent, celle-ci lui verse régulièrement un salaire fixe, ce qui fait que le salarié porté ne touche pas directement ses honoraires, comme c’est le cas pour tout travailleur indépendant. C’est l’entreprise de portage qui lui rétribue une partie sous forme de salaires en fonction de ses chiffres d’affaires. De plus, en contrepartie des services fournis par la société de portage, un pourcentage est prélevé sur ses honoraires comme frais de gestion. Il s’agit, en quelque sorte, de la rémunération concédée par le salarié porté au profit de son employeur. Comme il bénéficie d’un statut de salarié, il est aussi assujetti de diverses charges salariales. Toutefois, leur montant peut varier en fonction du type de contrat conclu entre les deux partis. Mais dans tous les cas, cela ouvre automatiquement des droits au salarié porté. C’est, entre autres, le bénéfice de diverses allocations (chômage, retraite, etc.), mais aussi de plusieurs couvertures sociales comme la mutuelle, les indemnités maladies, les prestations Pôle Emploi, etc.

Estimer son salaire net en portage salarial

S’il est attesté que le salarié porté ne perçoit pas directement ses honoraires de la part de son client, c’est que le calcul du montant de son salaire dépend de plusieurs facteurs. D’une manière générale, le montant total de ses honoraires négociés auprès de son client est entamé des frais de gestion, des frais de fonctionnement et de ses éventuels congés payés. Le montant final correspond à son salaire. En moyenne, le montant total perçu par le salarié porté correspond à 47 à 54 % de ses honoraires hors taxes.

D’une manière générale, les sociétés de portage proposent des frais de gestion à 10 % des honoraires facturés au client. Mais ce taux n’est qu’indicatif, vu que ces frais peuvent être assujettis à des conditions plus ou moins attractives. Chez DreamTeam, par exemple, ils sont dégressifs en fonction de l’ancienneté du contrat du salarié porté. Outre les frais de gestion, les charges patronales représentent plus ou moins 45 % des honoraires, tandis que les charges salariales totalisent 20 % en moyenne. Encore une fois, ces dernières ne sont qu’indicatifs, car leurs taux respectifs dépendent entièrement du montant du salaire accordé au salarié porté par rapport au plafond de la Sécu. Son statut professionnel conditionne également le montant des charges, qu’il soit cadre ou non-cadre. C’est aussi le cas de la durée de chacune de ses missions. Une fois tous ces éléments déduits du chiffre d’affaires réalisé par le salarié porté, on obtient le montant de son salaire net.

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Optimiser son revenu en portage salarial

A priori, certains se diront que récupérer seulement la moitié de ses honoraires n’est pas très emballant. Il est même possible que ce point de détail soit une raison de préférer les autres statuts d’indépendants au détriment du salariat porté. Toutefois, il existe plusieurs façons d’optimiser ses revenus, c’est-à-dire de récupérer des frais supplémentaires, outre le salaire fixe.

La première manière consiste à récupérer les frais de mission. Souvent, ils sont facturés en marge des honoraires proprement dits. Ces frais peuvent correspondre à plusieurs types de postes de dépenses relatives à la mission réalisée, par le salarié porté, pour le compte de son client. On peut, par exemple, citer les frais de déplacement éventuels, notamment si la nature de prestation requiert des allers et venues entre le domicile du salarié porté et l’entreprise. Les frais de restauration ou d’hébergement font aussi partie de ceux qui peuvent être réclamés au client pour remboursement. Toutefois, pour que le salarié porté puisse les réclamer, ces frais de mission doivent figurer dans le contrat de prestation conclu avec le client. S’ils sont validés, c’est à la société de portage salarial de les restituer au salarié, en accompagnement de son salaire net.

Outre les frais de mission, les frais de fonctionnement peuvent aussi être réclamés pour leur remboursement par le client. Encore une fois, c’est à la société de portage de les restituer. Ces frais peuvent inclure, entre autres, le coût de la communication (téléphone, connexion internet...), achat de fournitures, cartes de visite, etc. Leur intérêt se trouve surtout dans leur nature non-imposable. Ainsi, s’ils sont remboursés, les frais de fonctionnement peuvent compléter le salaire de manière assez consistante. Toutefois, le montant remboursable ne peut excéder 30 % du salaire brut du consultant. De plus, le remboursement se fera uniquement sur présentation de pièces justifiant les dépenses réalisées.

Il faut aussi savoir que des entreprises de portage peuvent proposer des services visant à diminuer les dépenses de fonctionnement du salarié. C’est, par exemple, le cas de certaines qui apportent leur aide pour l’achat d’ordinateurs portables ou d’autres consommables nécessaires pour la réalisation des missions. Par ailleurs, il est aussi possible de demander à la société de portage d’affecter une partie des revenus vers des dispositifs d’optimisation fiscale comme l’épargne salariale PEE ou le PERCO, par exemple.